Un trader ne meurt jamais.
Posté par The Zang dans Littérature le 9 avril 2009
« Je croyais être guéri. Huit ans sans la moindre dose. Huit ans sans adrénaline.
Huit ans de mort lente.
Je n’en peux plus. Je craque. Je ne veux pas mourir retraité. Je veux mourir ruiné ou vivre milliardaire. Il faut que je spécule.
Mourir en spéculant ce n’est pas mourir, c’est vivre.
Je suis un trader, et un trader ne meurt jamais. »
Un roman sur l’univers de la finance qui sort il y a à peine quelques mois ! Il en a du timing Marc Fiorentino (l’auteur) avec la belle crise qui nous est arrivée en pleine gueule en septembre ! Bon il faut dire, niveau timing, on parle d’un mec qui a tâté de la finance toute sa vie quand même. « arf, normal alors ! » me direz-vous.
En fait il a flairé l’affaire il y a tout de même un petit moment, puisqu’il écrivait la fin de son roman pendant la montée du prix du pétrole et les « déjà » déboires financiers avec les fameux subprimes. Un contexte économique donc propice à écrire un roman bien tachant sur ce monde sans pitié et ma foi, fort passionnant !
Sam Ventura est un golden boy ruiné, qui s’est éloigné pendant huit ans des marchés financiers après avoir fait faillite. Alors bon, « un trader ne meurt jamais » qu’il a déjà dit le monsieur ! Donc forcément il va retenter le coup et essayer de faire fortune ! Nous suivrons tel un journal de bord les étapes de son histoire. Tout sera narré à la première personne et c’est ça qui rend la chose intéressante puisqu’on se glisse très vite dans la peau du personnage. Personnage cynique d’ailleurs !
« On est sensé se réjouir ? » crie le peuple.
Oui bien sûr ! Pourquoi les gens ont toujours plus apprécié dr house, Wolverin et Han solo des tarlouzes angéliques qui les accompagnent comme Luke, Wilson ou encore Cyclope !? Parce qu’ils sont cyniques vous dis-je, ils font rire, ils sont mesquins et n’aime pas les gens !
On se gargarise donc par les quelques sarcasmes inhumains de l’ancien golden boy : « Tant pis pour les dommages collatéraux. Tant pis pour les pauvres. Pas de place pour les sentiments. Les victimes s’entassent, la finance passe. » Cependant Sam Ventura est loin d’être inhumain à proprement parler, il possède aussi des principes et malgré la peinture souvent dépréciative qu’il fait de la finance. On sent dans la façon de le dire, qu’il aime plus ce milieux qu’il ne le déteste. Le livre met sensiblement le doigt sur la manière de penser et d’agir des financiers et même s’il demeure une fiction, on est loin d’avoir une vision totalement créée par l’auteur. A l’image de certaines réflexions qui dévoilent les quelques points de vue de l’auteur : « heureusement que l’extrême gauche et les syndicats ne comprennent rien. S’ils savaient réellement ce qui se passe, ils auraient de quoi faire un Mai 68 quarante ans après, en plus violent » (en parlant des bulles spéculatives).
Mais alors, outre l’illustration du monde désenchanté de la finance, qu’avons nous réellement dans ce bouquin ? C’est effectivement un des points noirs du livre, et même si on se plait à suivre les pensées quotidiennes du protagoniste, l’intrigue met un moment à s’installer. On verra l’arrivée de l’élément perturbateur, l’ex-femme de Sam, trader elle aussi, mais trader du côté obscur de la finorce (contraction finance + force), qui proposera un marché tentant à son ancien mari, mais loin d’être légal…
Dans l’ensemble le livre n’excelle pas dans le style ni dans sa narration. Il reste cependant très intéressant quand à l’application apportée à son personnage et aux enjeux de son univers. On restera aussi très sensible au fait que ce personnage ne vient pas de nulle part, on a ici un auteur qui vient d’abord de la finance pour en venir au roman et pas un romancier s’inspirant de la finance. C’est là que se trouve l’intérêt principal du livre !
Morse (Låt den rätte komma in)
Låt den rätte komma in (Donne la permission d’entrer), plus connu sous le titre français « morse » (on applaudit tous ensemble les blaireaux qui nous ont trouvé ce titre pour la version française), est un film Suédois qui raconte l’histoire d’un adolescent de 12ans, Oskar, qui vit dans une banlieue de Stockholm. Sauf qu’Oskar n’a pas une vie fantastique, tout d’abord il vit dans les années 80 (holly shit !) et puis aussi, il se trouve qu’il est souvent martyrisé par ses camarades de classe. Alors qu’il sort régulièrement le soir pour s’entrainer à faire des attaques au couteau, Oskar tombe nez à nez avec sa nouvelle voisine Eli, dont le froid ne semble en rien l’affecter. (bah oui, c’est en Suède, il fait froid !)
Oskar découvre peu à peu que sa jeune voisine n’est pas normal, pas du tout même ; c’est un vampire (ah, je sens vos sourcils réagir). L’arrivée d’Eli coïncide effectivement avec une série de meurtre mais Oskar s’en contre fous (faut dire qu’il a des tendances un peu glauques le gamin) et sa relation avec Eli n’en est que meilleur au fil du temps. (ah ? des ado qui tombe amoureux alors que l’un deux est un vampire ? Oh mon dieu ! Vos sourcils partent dans tous les sens !)
« C’EST BUFFY ! » …mais que…Non !
« C’EST TWILIGHT ! »
Si vous avez été assez rapide vous avez gagné mon estime ou alors l’avez totalement perdu : soit vous êtes simplement vivace d’esprit et avez entendu parler de Twilight ( donc là tonton The Zang aime) soit vous avez été capable de vous bougez jusque dans un cinéma pour aller voir cette merde cosmique qu’est Twilight.
Bon évidemment je voulais parler de Morse et non de sa pâle copie ricaine tout droit sortie d’une idée spongieuse d’un DA démonté par la coke. Morse est donc supérieur à tous les niveaux mais on va arrêter la comparaison ici. (et OUI j’ai dû me taper dans les grandes lignes Twilight pour être à 100% sûr de ce que je voulais avancer. Au passage Morse est sorti un peu moins d’un an avant Toilelight).
Morse ça rime avec neige, beaucoup de neige. L’ambiance est froide. On a tout de suite la sensation que l’auteur veut nous faire ressentir le vide de l’espace, totalement insonorisé par la neige et le froid. Les murs sont gris, uniformes, et les teintes des couleurs sont dans l’ensemble très grisâtres. C’est peut-être de cette manière, par l’inaccessibilité de l’espace, que le réalisateur veut en démontrer la difficulté relationnel à laquelle doivent être confronté tous les personnages de son film. Cependant, Tomas Alfredson tient ici à se focaliser sur les deux jeunes protagonistes et pas une fois il ne se penche avec plus d’intérêt sur les rôles secondaires. Morse est en fait un film de l’instant où rien ne fait référence au passé ni au futur, où tout se tient sur la vie d’Oskar depuis qu’Eli a emménagé. Développant une trame plutôt basique, qui évite les sursauts impromptus, Morse étonne par l’attachement qu’on entretient avec les deux enfants et leur relation. Malgré le fait qu’Eli soit un vampire, elle reste très humaine dans sa démarche d’approcher l’autre. A l’inverse, Oskar, humain, témoigne d’une difficulté récurrente à affronter le monde qui l’entoure. C’est seulement grâce à Eli, par définition inapte à vivre avec les humains (doit dormir le jour, boire du sang), qu’Oskar parviendra à régler partiellement ses problèmes. En termes de mise en scène, le réalisateur s’attache a l’idée de faire des plans souvent très rapprochés ce qui en témoigne une volonté de faire rentrer le spectateur dans le film de la manière la plus intimiste possible. Au vide de l’espace qui les entours (et y voir l’espace dans toutes ses formes), se confronte la beauté des visages et des émotions dévoilées.
Danger Mouse – The Grey Album
On change de style, on passe au Hip Hop! Et pas avec n’importe quel producteur puisqu’il s’agit du très controversé Danger Mouse. C’est qui lui ? Je te donne un aperçu ; c’est le mec qui a travaillé avec Gorillaz sur Demon Days, et c’est aussi le deuxième membre de Gnarls Barkley. Le petit galopin ne s’arrête pas là, en 2005 il a fait The Mouse And The Mask avec le monstrueux MF Doom et plus tôt encore (en 2003) il tâtait déjà les platines puisqu’il faisait un album (très bon lui aussi) avec son pote Jemini : « Ghetto Pop Life ». Dernièrement c’est le guitariste/chanteur Beck qui l’a convié sur son dernier album Modern Guilt.
Malgré tous ces très bons albums, je vais en fait parler d’un autre ; celui qui a créé la polémique autour de Danger Mouse, Les Beatles, Jay-Z et EMI, rien qu’ça ! En 2004, Brian Burton de son vrai nom, décide de prendre The White Album des Beatles et de prendre The Black Album de Jay-Z pour en faire « The Grey Album » un Mash up. Sauf que voilà, autant Jay-Z trouve ça cool, autant EMI, la Major qui détient les droits du White Album, ne le voit pas sous cet angle et elle exige le retrait de l’œuvre de Danger Mouse.
Bon faut dire aussi que la souris dangereuse n’avait pas demandée la permission (Jay-Z quant à lui, avait même rendu disponible gratuitement ses paroles). Bon, sauf que nous tous on est des petits malins et on a tous trouvé le moyen de se procurer l’album…
Il faut savoir que je ne suis ni un expert dans les Beatles, ni un expert de Jay-Z (je connais hein, mais pas par cœur) alors je vais de toute manière être plus ou moins objectif (donc éviter les « SACRILEGE !!! » du gros fanboy en rut.)
« Public Service Annoucement », on démarre ! Doux son à la guitare tirée de la chanson Long, Long, Long, on croirait être dans une bulle. Et là Jay-Z balance la sauce, l’entrée est prenante, le son colle et le rap de l’ancien boss de Def Jam est énergique. Pourtant l’instru reste apaisante et le tout reste cohérent. What More Can I Say ? Moi aussi, j’ai presque l’impression d’avoir tout dit. Le son colle et l’ensemble est incroyablement prenant. Danger Mouse prend un malin plaisir à sortir des sons brut et une ligne de basse plutôt lourde, et merde, qu’il est bon ce Jay-Z ! Hormis quelques passages, on croirait que l’instru avait été fait pour lui ! On enchaîne avec Encore, moins fluide que les chansons précédentes, la piste n’en reste pas moins intéressante, au contraire on s’amuserait presque à la comparer au remix dont la chanson avait fait l’objet avec les Linkin Park. December 4th reste l’un des pôles majeurs de l’album avec les deux premières. DM allie de la même manière des basses lourdes et un son clair des Beatles aux paroles fluides de Jay-Z. 99 Problems est d’humeur plutôt bordélique, Danger Mouse expérimente, ou alors choisi la facilité. En effet, on peine à trouver quelque chose de posé sur la chanson et c’est pareil pour la majorité des chansons qui suivent (on retire du lot Change Clothes, Justify My Thug). Bref, un album qui perd en intensité après en avoir passé la première moitié (d’ailleurs on regrette quand même l’absence de Black Bird des Beatles) mais qui reste intéressant dans le travail qu’il représente. J’ajoute que, malgré la baisse de régime évoquée, le début de l’album reste de toute façon incroyable et que ce serait un SACRILEGE (ça y est, je l’ai dit) de passer à côté.
Voici les quelques chansons que vous pouvez découvrir grâce à Youtube:
- Public Service Annoucement -
- What More Can I Say? -
- December 4th -
Metric
« Bueeuhh il revient comme si de rien était sans même dire bonjour!»
« Jetons-lui nos bières……Bon ok, fini-la et après tu la jettes!»
*The Zang se retourne vers son manager et les organisateurs:
« Ach’fgnungningnikuherffshik!???» * Le manager et ses voisins un peu apeuré hochent de la tête…
Ahem, Bonjour. Metric!
Non ce n’est pas le florilège de mes surprises matinales mais plutôt un groupe de rock indépendant Canadien qui a su rendre Tonton The Zang fou-fou le temps de l’écoute d’un de ces albums: « Grow Up and Blow Away» . Alors pourquoi je vous parle de ça moi? Pourquoi j’aizété fou-fou?
La réponse à la première question c’est que vous vous souvenez: le temps où N!x0 et moi avions eu l’idée géniale de créer un blog nous pensions vous parler cinéma, musique, livre, manga, de culture quoi!
Sauf que tous n’a pas marché comme prévu, c’est un peu compliqué mais je vais résumer: « Huueuj’pasl’tempstrucàfairepisrienàdirequoiquequiunblog?» Voilà vous savez tout! (Hey je m’en sors bien comme bloggeur, je raconte ma life, je fais des jokes. J’espère cependant que je ne me suiciderai pas et que c’est ce qui fera mon côté original!)
Revenons-en à Metric. Groupe de Rock indépendant, Metric est formé de la jolie chanteuse Emily Haines, et de 2-3 autres gars sympa avec la tronche cliché du musicien indé: la barbe de 3 jours, le côté rêveur bien habillé et probablement possesseur d’un Macintosh. Ils aiment probablement le graphisme genre Post-Typographie (http://www.posttypography.com) et ont probablement vécu une partie de leur vie à New-York (Ha! Non, ils sont Canadien j’oubliais!)
On enfile la Galette au design plutôt sympa (sans casser des briques non plus) et on tend l’oreille sur un petit son éléctro à tendance Robots In Disguise (http://www.youtube.com/watch?v=6H13RprHi3I) mais on se rend vite compte que l’humeur n’est pas aussi fashion/tarée de ces dernières. La tendance ressemble plutôt à une sorte de Massive Attack en moins hip hop, plus tournée vers une pop nonchalante mais ô combien charmeuse. La voix d’Emily est décidément agréable et les pointes presque désinvoltes de la madame crée une ambiance envoutante tout en gardant le rythme imposés par James Shaw principalement et ses acolytes. La première impression est la plus forte, on trouve ça cool et on met repeat. La suite reste excellente; Hardwire, The Twist, Soft Rock Star en imposent, la voix d’Emily nous fait voir des papillons et on a la sensation que chaque parcelle d’une chanson pourrait être le point fort de n’importe quelle piste d’un autre artiste. C’est aussi ça la force de Metric: avoir réussi à trouver des couplets, des refrains et même des breaks de facture incroyable. La voix d’Emily y est pour beaucoup bien sûr.
Au final on a la tête bien remplie, Metric passe par beaucoup de genre sans vraiment s’éloigner de leur ligne directrice mais a réussi à nous convaincre. Metric sortira un nouvel album dans le courant 2009, on se réjouit
Allez faites-vous une idée:
Grow up and Blow Away
Hardwire
The Twist
Soft Rock Star
Et puis un p’tit clip pour vous montrer que je fais pas les choses à moitié:
Aussi j’annonce que je ferai quelques recrutements de personne pour le blog histoire qu’il ne retombe pas dans l’oublie comme avant (j’ai des noms en tête mais il faut encore voir avec eux!)