Naked City – Amsterdam, Holland @ Theater Carré


Hey, salut à tous (oui, c’est nouveau, de plus on s’attaque à un gros morceau aujourd’hui, donc je vous ménage ^^) ! Vous êtes bien assis ? Eh oui, on va parler d’un concert de jazz, donc, on s’assoit et on ne hurle pas dès la première note. C’est comme ça, c’est un code, on se contente d’applaudir à la fin de chaque chanson et on ne se lève que pour l’ovation finale, ça se discute pas. En revanche, tous les autres a priori que vous avez sur le jazz, toutes les autres conventions, vous les prenez, vous en faites une boulette que vous fourrez où vous voulez, et je veux pas en entendre parler.

Pourquoi ? Eh bien mes p’tits loups, c’est parce qu’on va causer de Jon Zorn, et de Mike Patton aussi au passage, qui ont tous les deux une discographie assez imposante (une moyenne de 70 skeuds par tête de pipe, après un bref coup d’oeil… Tu vois, j’t'avais dit de t’asseoir, ta mâchoire serait tombée de moins haut !), et qui savent toujours très bien s’entourer.

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Bon mais on est là pour parler d’un album précis, que je qualifiais la semaine passé de « quintessence du jazz expérimental de ces vingt dernières années », rien que ça ! Et c’est pour une bonne raison : c’est un concert (oui, encore !). Or comme vous le savez tous, le jazz laisse une bonne part à l’improvisation, toujours plus osée en live, et de plus, les compositions de Jon Zorn sont quelque peu… farfouillues, limite foireuses, et que c’est beaucoup plus impressionnant de les voir exécutées, tous les musiciens calés au poil de cul près, sans que chacun ait à l’oreille un « bip » de tempo, cher aux ingénieurs du son en studio, qui rend évidemment, l’exercice plus facile.

Un petit coup d’oeil au line up s’impose avant d’entrer dans le détail de quelques chansons : Bien sûr tout d’abord, Jon Zorn, fidèle à son poste de saxophoniste (alto) mais aussi au micro (mais nan, crétin ! Ou il « chante », ou il joue du saxophone. Pas les deux en même temps…), Wayne Horvitz au clavier ansi qu’aux… samples (Eh oui, du jazz avec un DJ… c’est possible) ! On notera aussi la présence de Bill Frisell, guitariste émérite, Fred Frith (non, c’est pas un belge) à la basse et le tempo est tenu derrière les fûts par un alien du rythme, Joey Baron. Vous ajoutez quelques apparitions de Mike Patton pour quelques gueulardises (hein..?!? Mais t’avais pas dit que c’était du jazz ?!?) et vous avez toute la bande. Il fallait au moins ça pour le prestigieux Carré.

Alors ce live se décompose en deux parties, une première plutôt « traditionnelle », et une seconde, beaucoup plus expérimentale. Elles se repèrent presque au nom et à leur durée : on se doute bien que « The James Bond theme » et « Trash Jazz Assassin » ou « Igneous Ejaculation » ne partagent pas tout à fait les mêmes valeurs. Je dirai pour décrire brièvement que ce concert est une succession de petits bordels musicaux (souvent d’une trentaine de secondes) suivis d’applaudissements nourris, tels « Hammerhead« , « Ujaku« , « Osaka Bondage« , « Speedball » ou encore « Gob of spit« . On y entend toute sorte de bruits, des couinements crispants de saxophone torturés, aux semi roulements de batteries qui semblent scratchés. Histoire de se calmer un peu les oreilles, et d’apprécier les talents harmoniques de la formation, on a également droit à des morceaux plus « classiques », et très mélodiques, comme « A shot in the dark« , « Saigon Pickup« , « The Sicilian Clan« , ou le final « Bonehead« , qui complètent un aperçu des larges influences des musiciens présents sur scène, plutôt éclectiques vous l’aurez deviné.

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Oui c’est un pavé j’avoue, mais on ne résume pas une set-list d’une trentaine de chansons (!) et, de surcroît, l’aboutissement et la synthèse d’une telle expérience musicale en deux pauv’ lignes de derrière les fagots ! Ce disque est une leçon de musique, de respect, de culture, d’ouverture, de maîtrise, de bonheur et sans doute même aussi d’envie, à lui tout seul alors il méritait bien je pense, qu’on s’étale un peu sur le sujet. Et vous, vous méritez d’urgence quelques exemples :

BatmanOsaka Bondage, ou encore Trash Jazz Assassin(Avec Mike Patton qui sert presque à rien au milieu :D )

Merci d’avoir lu jusqu’au bout, sachez également qu’en studio, c’est à peu près du même ton, au cas où vous décideriez d’acquérir une de leurs galettes (l’album éponyme est démentiel).

PS : Oh, le joli petit smiley… Belle surprise, j’avais pas vu ça encore :P

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