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Haïti Chérie Pt.II

Yeh ! Bon comme apparemment vous avez réagit à mon précédent post avec la vigueur d’une boule de caoutchouc diluée à la térébantine, j’enchaîne avec la suite d’une découverte possible d’Haïti, cette fois-ci côté arts plastiques. J’ai deux angles d’attaque à vous proposer : d’abord vous rassurer dans vos conceptions, comme quoi puisque Haïti est un pays pauvre, l’art haïtien c’est donc du 100% traditionnel, civilisationnel et ancestral, et ensuite vous montrer que c’est aussi un héritage et des influences digérés et assimilés. Pour que Mme Danielle Begot consacre par exemple tout un cours à la peinture en Haïti dans le cadre d’un parcours de cycle supérieur en Histoire (même pas de l’art), c’est qu’il y a quand même de la matière.

J’avoue que je n’ai pas d’artistes favoris, et que je découvre presque en même temps que vous. Sauf que moi j’me suis déjà baladé il y a un an ou deux dans une expo de Jean Michel Basquiat (non c’était pas celle là, mais c’est pour que vous voyez un peu ce que fait le gars quoi) et que ça m’a vachement plu. On est d’accord, y’a rien de vraiment nouveau, techniquement et graphiquement, mais j’y trouve quand même une âme. Il est vrai que quand vous glandez sur les marchés, et qu’on tente de vous refiler des copies tendance haïtienne, vous vous trouverez plutôt en face d’oeuvres inspirées par Edouard Jean baptiste. Mais vous savez désormais que ce n’est absolument pas représentatif, bien que plus caractéristique. C’est rare ce grain dans les peintures plus occidentales, et la gamme colorée (qui ne bouge pas d’oeuvre en oeuvre d’ailleurs on dirait) force l’admiration. J’ai pas l’impression d’être face à une peinture. Plutôt un reve éveillé, vous savez ce fameux flou-flashback dans les films typés 80′s, ou dans les actuels feuilletons eau-de-rose/télénova.

Bon même si la forme diffère, il est en revanche difficile de trouver un paysage large au niveau des thèmes : l’Histoire à la place vedette, et la dent contre certains impérialismes coloniaux vous transperce à chaque regard. Je crois que rien n’est plus explicite qu’un des secteurs phare de l’artisanat : la ferronnerie d’art. Comme un écho au recyclage des chaînes des esclaves. Mais, depuis le séisme, la communauté internationale souhaite voir Haïti se tourner vers l’avenir, vers sa reconstruction. Il est vrai qu’on aimerait que ce pays se débarrasse de son surnom (république des ong) et vole de ses propres ailes. Deux frères ont bien compris le message. M’enfin, ils préfèrent voler avec une hélice. Pour les non anglicistes, voici une traduction sommaire : deux Haïtiens réussissent à réunir 1000$ pour construire un hélicoptère et ils y arrivent. Eh oui, c’est de l’artisanat.

C’est donc ainsi que s’achève ma deuxième partie sur ma découverte d’Haïti, RDV dans la partie suivante, pour les littéraires, qui sera la dernière d’ailleurs.

Oh puis si je tapais un petit prologue à cette pt.II hein ? Même si ce n’est pas vraiment de l’artisanat, ça y touche un peu puis ça fait assez pub perso. :s J’aide en ce moment même un pote haïtien à monter sur pied une association (Leve Ayiti) qui a pour premier objectif de mettre en place un centre de formation pour la reconstruction. Ce serait une école pour former des formateurs qui encadreront ainsi les chantiers de construction pour réhabiliter le pays, et qui seront autonomes dans cette reconstruction. Ainsi, à la moindre panne, existeront sur place des gens compétents pour remédier au problème, ce qui n’est actuellement pas le cas. N’hésitez donc pas si vous êtes intéressés à venir mettre votre grain de sel au projet. ;)

Et puis au fait total HS… Vous aviez déjà remarqué qu’en attendant qu’une vidéo charge sur Youtube, vous pouviez vous taper un Snake ? :D

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2 commentaires

Haïti Chérie Pt.I

Hey ! Un peu de temps devant moi, un sujet assez large à traiter pour pouvoir tenir tout un article sans avoir à meubler, je crois que toutes les conditions sont réunies pour faire un nouveau billet. Et puis aussi, l’envie de partager, parce que ça fait longtemps je trouve que c’est pas arrivé. Alors, en cette période d’examens, de révisions pour les uns, d’attente de résultats pour d’autres et de fiesta pour moi, il me semble que d’avoir un endroit où on sait qu’on pense à vous, où on se sent exister, c’est essentiel.

Et puis aussi le syndrome du bug nécessitant un formatage total a frappé mon réservoir à musique, ce qui m’a laissé sans rien à écouter pendant près d’une semaine. Donc là j’ai besoin de vérifier qu’au moins ma culture musicale et restée, afin de tout pouvoir récupérer. :P

On va parler de quoi alors ? Non, perdu. Il ne s’agit aucunement de la construction de l’État haïtien. Perdu encore, il ne s’agit pas non plus du patchwork des ONGs dans le pays. Et non, troisième essai en l’air, il ne s’agit pas de récolter des fonds.

Il s’agit de parler de ce dont on a très souvent oublié de parler quand on parle de ce pays merveilleux : les prouesses artistiques et le potentiel créatif des gens qui y vivent, entre tradition et pieds de nez à l’occident.

La musique d’abord, et je ne vais pas parler de kompa ! Je vous épargne aussi Wyclef Jean, un peu partout en ce moment… Je sais surtout que beaucoup d’entre vous peuvent et aiment discuter rock pendant des heures, mais combien citeront YOHANN ? C’est un jeune plein d’audace, et de talent, guitariste émérite. Même si avec le recul, « Let Go » ne sort pas tellement des canons du rock actuels, le clip mix entre zouk love et jungle trip donne une certaine couleur à la chanson, de même que la section rythmique : http://www.youtube.com/watch?v=NgYUwDAyK_I

Mon autre coup de coeur est un artiste plus ancré dans le paysage musical de l’île. Il s’agit de Michael Benjamin. Son dernier single « Si m’te gen zel » (si j’avais des ailes) est un poème très émouvant reflétant à merveille la solidarité et la gentillesse haïtiennes. J’ai pitié pour les non créolophones, voici une traduction du début (j’ai pas les armes pour être sûr d’avoir bien traduit le reste, donc si quelqu’un qui ne doute pas s’en sent capable, qu’il le fasse en com ;) ) :

Voler, voler…

Voler, cueillir les étoiles dans le ciel
Si j’avais des ailes,
Tel un oiseau, je volerai, j’irai cueillir les étoiles dans le ciel.
Si j’étais la pluie,
Je ferai tomber de l’eau, pour que les fleurs poussent sous le soleil.
Si j’étais la joie,
J’entrerai dans le coeur, de tous malheureux pour leur redonner espoir.
Si j’étais l’amour,
Je me mettrai à genoux, devant Dieu pour que les hommes arrêtent de se battre.
Pour qu’ils s’aiment.

Oui, pour résumer, c’est un beau texte bien idéaliste et sentimental comme tous ceux pour lesquels les filles craquent. Et vous pouvez l’écouter ici : http://www.youtube.com/watch?v=sn2vtziT7F4 et moi j’en suis fan.

Bon allez… j’avoue, j’ai quand même vraiment envie de parler kompa, parce qu’Haïti, en matière de musique, c’est aussi le karnaval !!! ET quoi de mieux que T-Vice pour cela : http://www.youtube.com/watch?v=6taPxBNbUKI

J’espère en tout cas que ces petits interludes vont vous donner envie de lire la Pt.II de cet article, où on parlera artisanat et peinture, et puis la Pt.III, pour les lecteurs… coming soon, mais soyez pas pressés quand même !!! :D

Et puis un petit bonus final, pas très musical, mais après un pavé pareil, une petite tranche de franchise humouristique, ça fait pas de mal… http://www.youtube.com/watch?v=Er7RHOvCHG0

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